Qu’est-ce que la culture sécurité ?

La culture étant un principe fort de sens, associé à la sécurité celui-ci peut s’avérer parfois difficile à appliquer lorsqu’il se heurte aux différents facteurs de l’entreprise. Nous allons aborder ensemble les obstacles que la culture sécurité peut rencontrer ainsi que les façons d’agir sur cette dernière afin qu’elle s’encre correctement au coeur de la culture d’entreprise.

La culture sécurité

Le rapport culture de sûreté, paru en 1991 définit la culture de sûreté comme l’ensemble des caractéristiques et des attitudes qui, dans les organismes et chez les individus, font que les questions relatives à la sûreté des centrales nucléaires bénéficient, en priorité, de l’attention qu’elles méritent en raison de leur importance.

A la suite de cette publication, la Culture Sécurité s’immisce alors massivement dans l’industrie. En 2003, un institut pour une culture de sécurité industrielle est même créé.

Malgré l’absence de définition consensuelle, tout le monde s’accorde pourtant sur l’importance de la culture sécurité…

L’identification de l’impact culturel sur l’Homme devient très complexe.

un concept difficile d’accès

L’être humain, du fait de sa nature grégaire, appartient à plusieurs groupes. Il convient donc, comme l’évoque l’IRSN, de distinguer les différents niveaux de cultures portées :

Par l’individu

Par le collectif proche
(l’équipe, le service…)

Par l’organisation dans son ensemble (la culture d’entreprise)

Chaque individu est aussi le fruit d’une culture « nationale ou locale », d’une culture propre à son métier et d’une culture propre au sous-groupe social auquel il appartient ou souhaiterait appartenir. Ces niveaux se combinant plus ou moins harmonieusement, l’identification de l’impact culturel sur l’homme devient alors très complexe, voire impossible.

Malgré cette difficulté d’identification, la culture sécurité est devenu un idéal, puis par pression sociale, une exigence…

A qui la faute ?

A la suite d’accidents ou d’incidents au sein d’une organisation, il est souvent décidé de développer la « culture de sécurité » sur le terrain.

Un tel mode de pensée sous-entend que le management a le monopole de la connaissance des risques du métiers. Cette vision verticale du management se trouve très vite cloisonnée dès lors qu’il s’agit de s’adapter à la réalité du terrain…

Comment évaluer une culture ?

Devant cette impasse, la culture sécurité devient alors, à tort, une somme d’exigences mathématiques, évaluables et mesurables. Pourtant, une culture ne se mesure pas, mais on peut chercher à la décrire. Il ne s’agit donc plus de mesurer la culture sécurité, mais de comprendre les pratiques qui la caractérisent et d’agir sur ces dernières afin de renforcer la sécurité au travail.

C’est dans la pratique que la culture se forge et se transforme.

Accomplir son métier, en sécurité

A travers cet article, nous avons montré qu’il existe parfois un décalage entre la culture décidée « dans les bureaux » par le management et cultures dites « du terrain ».

Le concept de culture sécurité force, par sa sémantique, à distinguer la dimension managériale de la dimension pratique.

Il convient donc de ne pas faire de cette culture sécurité une bulle séparée du reste du management.

Dans sa dimension managériale, la culture de sécurité est un outil de communication sur l’importance de la sécurité (à utiliser avec parcimonie, car elle peut être rejetée si elle tente d’écraser les autres cultures).

Sur le terrain, le concept doit dépasser le papier pour analyser et expliquer les pratiques. Il ne faut donc pas utiliser le concept comme réponse ultime à tous les maux de la sécurité d’une entreprise.

Finalement, pour une véritable prise en compte de la sécurité, la culture, ou plutôt les cultures doivent donc tendre à se rejoindre, dans le but de créer une nouvelle culture : la Culture du métier en sécurité.
La question n’est donc plus comment développer une culture sécurité, mais comment intégrer la sécurité dans la pratique du métier ?

La culture d’un groupe remplit deux fonctions : l’adaptation à l’environnement et l’intégration des membres.

Mainteant que la culture sécurité est une notion qui vous est familière, je vous invite à lire mon article sur comment l’intégrer dans la pratique du métier.

Clément Rigour

Clément Rigour

Consultant QHSE

« Passionné par le QHSE et le cinéma, j’aime découvrir et apprendre. Tout ce que nous pensons déjà connaître nous empêche souvent d’apprendre. »

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