Les responsables de formation face à un défi de taille

Interview de monique frambourg

Monique Frambourg, directrice associée de 3X Consultants (société de services spécialisée en ressources humaines) en charge de la marque InTalent, s’est livrée à Amélie Prats au sujet de la formation. Cet organisme de formation d’un genre nouveau « designe » des solutions présentielles et digitales version 3.0.

Résumé

Face à une offre pléthorique, bien choisir son organisme de formation peut être un casse-tête pour les responsables de formation.

Quelques conseils :

  • Définir son public, le pré-requis (le point de départ) et surtout l’objectif (l’arrivée).
  • Privilégier les organismes datadockés et si possible opter pour un organisme certifié OPQF
  • Pour les demandes atypiques, solliciter un Learning advisor charger d’identifier le bon organisme de formation
  • Oser découvrir des solutions digitales de formation du type e-learning, adaptative learning, classes virtuelles, MOOCs, micro learning, social learning, jeux sérieux.
  • Découvrir absolument le Mobile learning

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre formation pour en arriver là ?

Oui, avec plaisir. Passionnée par la transmission des savoirs et les langues étrangères, j’ai pensé très tôt me destiner à l’enseignement. Mon bac en poche j’ai donc choisi la voie universitaire et obtenu un master en langues vivantes étrangères : Anglais. J’ai ensuite complété cette formation par un cursus informatique (DUT), c’est ce qui m’a amené très tôt à participer à des projets formation intégrant des outils et des dimensions pédagogiques informatiques. On ne parlait pas encore de digital !

On comprend bien dans votre parcours votre double sensibilité : numérique et pédagogique. en tant que responsable pédagogique et formation et en tant que chef d’entreprise, quels sont selon vous les grands défis qui permettront de mettre en adéquation orientations stratégiques de l’entreprise et besoins de formation ?

Sans négliger les contraintes budgétaires, réglementaires et autres… il me semble évident que le plus grand défi de la formation aujourd’hui, c’est de faire, ce que j’appellerai très prosaïquement : « les bons choix ». En effet, identifier le meilleur organisme et définir la méthode pédagogique la plus pertinente pour les apprenants, voilà les défis qu’attendent les responsables formation dans les mois à venir.

Faire les bons choix est d’autant plus complexe quand on voit la taille du marché de la formation. En 2017, on comptait en France 65 000 organismes de formations, 600 nouveaux organismes tous les ans dont 30 % avaient moins de 3 ans d’ancienneté.  90% sont des acteurs privés. Plus généralement, on peut observer que la concurrence est très hétérogène allant de quelques acteurs bien installés (plus de 250 000 stagiaires par an sont formés par le leader CEGOS) en passant par des micro-organismes comptant parfois un à deux salariés et formant moins de 100 personnes par an.

L’arrivée de nouvelles technologies et la multiplication des nouveaux modes d’apprentissages, type  e-learning, adaptative learning, classes virtuelles, MOOCs, micro learning, social learning, jeux sérieux … pour n’en citer que quelques-uns, suscitent de nombreuses interrogations.  Les nouveaux entrants sur ces marchés, créateurs vidéos et web séries apprenantes, les studios de réalité virtuelle apportent également leurs lots de remises en question.

En effet, les discours parfois contradictoires des organismes de formation complexifient aujourd’hui la lisibilité de l’offre pour les clients. On trouve d’un côté les acteurs historiques que sont les organismes de formation de renom. Ils défendent la pédagogie d’échange et d’expérience lors de séances en présentiel. D’un autre côté, les nouveaux acteurs proposent des modes d’apprentissage riches de promesses : apprendre plus vite quand on veut, et où on veut.

La vraie difficulté aujourd’hui se porte sur les comparaisons objectives entre toutes ces solutions. Pour ce faire, il nous faut plus de recul, plus d’analyses de données sur les apprentissages avec ces nouvelles méthodes.

Pour ne pas se tromper parmi tous les organismes, avez-vous quelques astuces à nous donner ?

Tout à fait. Pour qualifier un bon organisme, il faut avant tout partir de ses propres besoins. En formation, on part toujours de 3 éléments clés : le public, le pré-requis (le point de départ) et surtout l’objectif (l’arrivée).

L’objectif est défini par la combinaison (pas toujours simple) des besoins exprimés par le management, des demandes des participants et de la stratégie d’entreprise définie par direction. Sans oublier que le public, la cible, doit également être pris en compte. Effectivement, un public très hétérogène aura d’autant plus besoin d’une solution de formation individualisée et adaptative.

Ces 3 critères (Public/pré-requis/objectifs) étant définis, on va donc pouvoir s’orienter vers une sélection d’organismes en adéquation avec les besoins, les contraintes, les enjeux de l’entreprise. Pour ce faire, je recommande la méthode de l’entonnoir qui permet de partir d’une large sélection pour arriver à une liste réduite.

Parmi les organismes en course, je conseille de sélectionner un organisme à minima datadocké, c’est un bon prérequis qui garantit le respect de critères de qualité simples mais essentiels. Toutefois, je conseillerai vivement d’aller plus loin dans la sélection et d’opter pour un organisme certifié OPQF. La qualification OPQCM ou OPQF OPQCM / OPQF répond aux exigences de la Norme Afnor NF X 50-091, relatives aux organismes de qualification d’entreprises. Elle est unique en son genre car les compétences et le savoir-faire des organismes sont appréciés par des « gens du métier » et non pas par un auditeur externe à la profession. C’est un vrai gage de qualité.

Pour affiner la sélection, je suggère de solliciter l’avis ou le retour d’expérience d’un pair parmi les entreprises clientes des organismes pré-sélectionnés. En un mot, l’avis d’un pair qui juge avec des critères proches des nôtres apporte toujours beaucoup de pertinence.

Il est vrai que l’ensemble de ces démarches peut être très chronophage. Je constate qu’on peut arriver à un paradoxe : passer plus de jours à sélectionner un organisme que la durée en jours de la formation elle-même. Il n’est pas rare que pour former ses collaborateurs durant 2 jours, un responsable de formation mène une étude de plus de 15 jours réparti sur un trimestre. C’est long et parfois même très long.

Il peut être préférable de sous-traiter cette activité à un professionnel de la formation qui jouera le rôle de « Learning Advisor ». Ce professionnel de la formation pourrait être l’OPCA, des instances professionnelles, ou un prestataire privé.





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Comment externaliser la gestion de la formation sans se tromper ?

Rassurez nous, avec l’arrivée du web 3.0, choisir un organisme de formation doit être facilité, n’est-ce pas ?

C’est tout à fait vrai en ce qui concerne les recherches. La puissance du Big data et du web sont de vrais facilitateurs de recherche. En revanche, la digitalisation des modes d’apprentissage ouvre un nouveau champ d’interrogations qui nous laisse parfois très perplexe comme je l’ai exprimé précédemment.

Justement comment ces nouveaux outils d’apprentissage sont-ils recueillis en entreprise ?

En la matière, il y a eu de grosses déceptions dans les années 2000. Les premières sessions d’e-learning ont suscité un fort engouement mais n’ont pas totalement tenu leurs promesses. Séances trop passives, trop répétitives, manque de lien social ont entrainé de nombreux abandons des participant. Aujourd’hui, grâce à de nouvelles technologies, on voit un regain d’enthousiasme. Les technologies immersives nous plongent dans un environnement avec lequel on peut interagir. Cela nous place dans des conditions d’apprentissage au plus près de la réalité.

Pour conclure, quel serait votre coup de coeur digital pour 2018 ?

Sans hésitation, c’est le mobile learning. Il permet un apprentissage rapide sur un outil du quotidien. Il n’y a pas de perte de temps pour manipuler l’outil car nous sommes tous déjà familiarisés avec son utilisation avant même de démarrer une session de formation. On transporte dans la poche non seulement un super outil pour apprendre, mais également des fiches pratiques et un véritable lien social permettant d’échanger en quelques clics avec nos co-apprenants. On apprend enfin où on veut et quand on veut (ou quand on peut !).

Voir article : le mobile learning : pour une formation efficace.

Y a t’il des usages recommandés, ou des milieux professionnels parfaitement adaptés ?

Oui, les métiers pour lesquels les utilisateurs sont déjà équipés d’applications professionnelles sur téléphones sont particulièrement adaptés à ce type de solutions de formation. Je pense à certains techniciens comme les chauffagistes ou encore des vendeurs équipés de smartphones ou de tablettes…

La diffusion d’applications professionnelles sur smartphone se répand de plus en plus : gestion des congés payés, CRM, suivi des consommations carburant ou tickets restaurant… Le mobile learning pourrait bien faire partie des nouvelles habitudes d’apprentissage pour un large nombre d’apprenants en complément d’autres solutions de formation.

Il convient bien évidement de rester vigilant sur la pertinence des contenus, en matière de formation aucun appareil, aucun format pédagogique aussi intelligent soit-il ne remplacera la qualité du contenu.

Je dirais, si je peux me le permettre, que c’est comme manger un gâteau insipide et lourd dans une magnifique assiette en porcelaine, ça ne procure aucun plaisir, et au pire ça peut vous dégoûter pour la vie.

Mais je reste très optimiste je vois des contenus intelligents, des formats inventifs et pour moi le meilleur est à venir !

 

Source : https://www.emaneo-rh.com/responsables-de-formation-face-a-defi-de-taille/

Amelie Prats

Amelie Prats

Responsable développement commercial

 » Out of the box. Curieuse, jaime créer de nouvelles solutions avec une seule règle : pas de barrière. Je pratique l’auto-dérision et l’optimisme avec excès. »

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